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Avril 1917

Avril 1917 : l’offensive du Général Nivelle- la 2e bataille de l’Aisne

Le plan prévoit une concentration maximale de forces sur 30 km de front. Le terrain doit être préparé par un bombardement d’artillerie massif chargé de détruire les premières lignes allemandes. Ensuite, les troupes d’infanterie doivent s’élancer protégées par un feu roulant d’artillerie. Ce plan ne tient pas assez compte du terrain qui est très défavorable : les troupes françaises se situant en contrebas et devant se lancer à l’assaut de pentes fortifiées. D’autre part, le bombardement sur 30 kilomètres de front ne peut être aussi dense que lorsqu’il s’agit de prendre un fort.

Avril 1917 : Préparatifs de l’offensive du 16 avril 1917

L’artillerie commence début avril des tirs de destruction des lignes allemandes qui durent jusqu’au jour de l’offensive générale. Côté allemand,  Des divisions de réserve sont massées à l’arrière du front au niveau de Filain et Braye. Les contreforts du chemin des dames étant truffés de souterrains, creutes, d’abris et de sapes qui s’ouvrent sur les pentes boisées en bordure du plateau du Chemin des Dames. 

Le secteur de Chavonne n’échappe pas à la règle : Les Grinonsle Mont Sapinle bois des bovettes sont autant de zones “truquées” qui sont mentionnées dans les historiques régimentaires et dans lesquels se sont enterrées les troupes allemandes en attendant l’offensive du 16 avril 1917.

La 1ere ligne allemande est détruite par contre les 2e et 3e lignes demeurent intactes, les allemands se réfugient dans les carrières. Cependant, l’artillerie lourde française cible ces dernières et certains plafonds sont percés rendant ces dernières inhabitables comme par exemple la “Prinz-Heinrich-Hohle à Ostel.

EXTRAIT de l’historique du régiment allemand IR186 :

Des bombardements violents de l’artillerie française ont pour but d’empêcher les travaux de jour.

Le 10 avril, le 186e recevait l’ordre d’occuper le verrou d’Ostel, l’ordre montre combien la situation était considérée comme très sérieuse et que les allemands croyaient imminente une attaque Française.

Ils avaient l’intention d’attaquer après avoir tout cassé ‘jusqu’à la dernière souris’.

Le 15 avril, un nouveau lot d’épreuve attendait le 186e.

A 13H15 le Capitaine KLINNER envoyait le message suivant ‘’ La Prinz Heinrich-Hohle’’ vient de s’écrouler.

Il a été possible de sauver une partie des soldats ensevelis, mais plus de 50 avec des Officiers restaient pour toujours sous les décombres. 

troupes allemandes
monuments ostel

16 avril : l'offensive commence à 6h

Le secteur situé entre Vailly-sur-Aisne et Soupir doit être pris et tenu par les 56ème et 127ème divisions d’infanterie. De gauche à droite pour les principales unités : 
— le 355ème RI avec pour objectif le Panthéon et la Malmaison via la Cour-Soupir et Ostel. 
— le 172ème RI, appuyé par les 27ème et 29ème Bataillons de Tirailleurs Sénégalais qui doit marcher vers la ferme de la Cour-Soupir. 
— le 106ème RI qui a comme objectif la Croix sans tête.

Prennent également part aux combats les 25ème et 29ème Bataillons de Chasseurs à Pieds.

Côté allemand , la 25e Division de Landwehr (LDR13 LDR16 LDR328 FAR254 renforcée par l’IR186 depuis mars 1917) fait face aux francais devant Vailly et Chavonne depuis octobre 1916.

A sa gauche, c’est la 183eDI (IR418, IR184, RIR440,, FAR183,FAR60) qui occupe le secteur de Soupir-Braye. 

Les conditions météorologiques sont terribles quand commence l’offensive. En ce printemps 1917, il fait très froid et il neige même le 16 avril. Le 17 avril, la pluie tombe d’une manière quasiment continue et rend le terrain très boueux. C’est surtout le mauvais temps qui gêne les préparations d’artillerie dont les objectifs visés ne seront pas toujours atteints. Les soldats qui s’élancent le 16 avril trouvent des positions allemandes très peu touchées par le bombardement.

 

Au centre le 172ème R.I. a deux bataillons engages dans la lutte. Le 1er bataillon livra de durs assauts dans le ravin de la Cour Soupir et il dut se terrer devant la tranchée de Kronprinz. Malgré des pertes sévères, à 11h, il se battait dans la 2ème position allemande.

A la grenade et au lance-flammes, le nettoyage des abris dura plus de 3 heures. Le 2ème bataillon (Allard) attaqua au Nord-Ouest. La 5ème compagnie franchit la 3ème position allemande vers 9h.

Le combat continua tout l’après-midi.

A l’Est, les 9ème et 10ème compagnies du 3ème bataillon en liaison avec le 106ème R.I. progressèrent dans le Bois des Gouttes d’Or.

A gauche, le 355ème R.I. a pénétré dans Chavonne et prit les tranchées de Siegfried et Krupp.

A droite, les 1er et 2ème bataillons du 106ème R.I. se battaient dans le Bois des Gouttes d’Or où, opposés aux barbelés et aux feux des fantassins ennemis ils subissaient de lourdes pertes.

Du côté des chasseurs à pieds, les 29ème BCP,56e,59e et 60e s’emparèrent des carrières souterraines de Soupir.

ligne allemande

Ligne allemande abandonnée à Chavonne

Le Mont Sapin fut enlevé par le 25ème bataillon de chasseurs à pied : C'est un obstacle redoutable ; le mauvais temps qui a rendu les pentes raides, boueuses et glissantes. L'ascension du mont est lente, et les troupes se trouvent très devancées par le barrage roulant d'artillerie ; l'ennemi en profite pour sortir ses mitrailleuses. Les chasseurs progressent alors, se protégeant par des barrages de grenades à fusil, et, quand celles-ci manquent, par des barrages de grenades à main. Ils avancent pas à pas, en nettoyant les abris, faisant 400 prisonniers, dont 10 officiers, prennent 22 mitrailleuses, 19 minen. Un ouvrage fermé contourne d'anciennes carrières : l'ennemi y résiste désespérément. Les chasseurs le tournent et le dépassent, atteignent presque la lisière nord du bois, poussent leur gauche vers le plateau des Grinons, au-dessus de Chavonne, et leur droite sur la carrière souterraine de la Cour Soupir. Le Mont Sapin devient alors la clef de voûte de toute la ligne française ; les Allemands, pour le reprendre, lancent contre lui de violentes contre-attaques dès 21 heures ; les chasseurs qui ont épuisé leurs grenades, se servent heureusement des grenades allemandes trouvées sur place, et repoussent l'ennemi. "

17 avril

A 4h30, celui-ci renouvelle son effort avec des troupes fraîches ; les. chasseurs tiennent bon, malgré leurs pertes : Le Mont Sapin reste entre leurs mains.

A  17h30 l’attaque reprit dans la neige ; les compagnies d’assaut emportent le ” Balcon ” , avec le bois des “Gouttes d’Or” en entier, et, poussant hardiment, atteignent la “Croix Sans Tête”, côte 197, point culminant du plateau d’Ostel.

Cet important succès affole les Allemands et les force à retraiter.

Les chasseurs à pieds et les fantassins se rendirent à la Cour Soupir.

18 avril

Le 172ème R.I. au prix de dures actions, prit la tranchée des Hessois puis celle d’Andrinople avec 1000 prisonniers, 12 canons, 25 mitrailleuses.

Le 355ème R.I. aidé du 27ème bataillon de tirailleurs Sénégalais, dégagea Chavonne, nettoya les Grinons, prit Vailly, Jouy, Haizy et la Ferme de Rouge-Maison.

La 10ème compagnie du 106ème R.I. enleva la caverne de Coblentz, faisant sa garnison prisonnière.

Le 172ème R.I. prit la Cour Soupir, se hissa sur le plateau et atteignit la pierre d’Ostel.

Le 25ème BCP et 106ème RI. prirent la tranchée de Brody, le 172ème continua son avance, traversa le ravin d’Ostel pour atteindre la Ferme Gerlaux en raflant 500 prisonniers. La côte 197 fut atteinte. 

offensive ostel
champs de bataille ostel
Devant la ferme de rochefort

Les jours suivants, les alliés, voyant que les allemands sont solidement retranchés derrière le Chemin des Dames, s’emploient à consolider les positions chèrement acquises.

les 19 et 20 avril, la 56e DI et la 127e DI sont relevées par les 12e et 166e DI.

Le bilan de l’offensive pour le 6e CA :

– 1941 prisonniers + 248 prisonniers blessés

– 72 pieces de canons, 46 minenwerfer, 64 mitrailleuses pris

– 669 tués, 2137 blessés, 452 disparus

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